SQLSTATE[23000]: Integrity constraint violation: 1062 Duplicate entry 'I7bHC7CJhtUc4JM4TVz6cLhdS8fAFxieujLWhewoxhqsQ3mAPMxRoEV7C0x8oGcI' for key 'sid' Médiaeducation | Se documenter

DÉCODEX : "NOUS N’AVONS PAS ÉCRIT LES TABLES DE LA LOI !"

Créé pour démonter les intox de toute nature, le service des "Décodeurs" du site du Monde lançait début février 2017 son outil de signalement et de qualification des sites d'information et de désinformation. Samuel Laurent, son responsable explique les raisons de cette entreprise et répond aux critiques qui lui sont formulées.

Pourquoi avoir créé le Décodex ?
Cela fait des années que nous faisons le constat que des internautes ont du mal à se repérer face à l’atomisation de l’information et à la façon dont se partagent les contenus. A ces phénomènes s’ajoute l’économie du faux, du clickbait qui émerge. Les sources de confusion sont multiples et de nombreuses personnes sont sincèrement perdues. Dans notre travail quotidien, pour Les Décodeurs, pour une rumeur que nous démontons, nous en voyons 15 tourner sur les réseaux. Nous avons constaté que ces fausses informations proviennent souvent des mêmes sources. C’est comme ça que nous est venue l’idée de construire un outil pour les signaler.
Quelle méthodologie avez-vous employée ?
Nous avons passé au crible journalistique le contenu des 600 sites, en se posant les questions suivantes : comment les informations délivrées ont-elles été établies ? les informations sont-elles vérifiées ? les méthodes de travail de ces sites relèvent-elles des pratiques journalistiques ?
En proposant une classification toute faite, contribuez-vous à l’élaboration de l’esprit critique des internautes ?
Nous n’insultons pas l’intelligence de qui que ce soit. Notre outil a été élaboré pour les internautes qui ont des doutes et ont besoin d’éclairages. Tous les jours, les gens nous interpellent sur la fiabilité de telle ou telle information.
Le Décodex a suscité de nombreuses critiques. Comment les recevez-vous ?
Les critiques les plus virulentes proviennent des sites dont nous doutons de la fiabilité. J’insiste pourtant pour dire que rien n’est gravé dans le marbre. Nous n’avons pas écrit les tables de la loi ! La catégorie « orange » [« ce site est régulièrement imprécis, ne précisant pas ses sources et reprenant des informations sans vérification », NDLR] nous est rapidement apparue trop large et incluant des sites très différents. Nous l'avons fait évoluer.
Les questions que notre outil peut soulever ne justifie pas la violence des attaques qui nous sont adressées. D’autres critiques proviennent de celles et ceux qui pratiquent le journalisme d’opinion. Libre à eux. Mais nous avons élaboré cet outil en se fondant sur le respect des faits, sur le caractère correct des informations délivrées, par sur la couleur politique des sources analysées.
L’une de ces critiques consiste à reprocher au Monde d’être juge et partie…
C’est un argument stupide ! S’il est fondé sur un souci de respect de la concurrence, il aurait pu nous être fait si nous avions classé Le Figaro en orange ! Nous aurions pu réunir un large comité d’experts pour valider notre travail et rêver pendant dix ans de l’outil parfait, ce n’est pas l’option que nous avons choisie. Nous ne disons pas : n’allez pas sur ces sites. Libre à chacun de les lire.
Quel rôle doivent tenir les journalistes dans l’éducation à l’information ?
Il faudrait sans doute davantage d’espaces d’éducation à l’information, pour les jeunes mais aussi pour les adultes ! Il me semble utile que les journalistes expliquent leur métier, leur façon de le pratiquer. Mais ce n’est pas une obligation et d’autres, les enseignants, par exemple, bien sûr, sont également qualifiés pour une telle éducation.

L'illustration de cet article provient de l'émission d'Arrêt sur images, dans laquelle débattent Samuel Laurent (Les Décodeurs), François Ruffin (Fakir) et Louise Merzeau (Paris Nanterre)

Vous devez être connecté pour pouvoir commenter